Le Conte du coupeur de bambou – Histoire de la princesse Kaguya 1/10 『竹取物語』をフランス語で読む 

Le Conte du coupeur de bambou est, d’après Le Dit de Genji, « l’ancêtre de tous les contes » ; en réalité, il aurait été composé entre la seconde moitié du IXe siècle et la première moitié du Xe siècle. Depuis cette époque jusqu’à nos jours, l’histoire de la descente de la princesse Kaguya sur la terre et de son retour à la lune est connue et appréciée au Japon.

Mais, chose curieuse, comme les Japonais ne connaissent souvent cette histoire que par tradition orale, et donc de manière très sommaire, il leur arrive de ne connaître ni les épisodes des prétendants de la princesse Kaguya ni la fin du conte, notamment celle qui concerne l’élixir d’immortalité.

Ainsi, il est particulièrement intéressant, non seulement pour les lecteurs français mais aussi pour les Japonais, de lire Le Conte du coupeur de bambou dans une version écrite, aussi proche que possible du texte original aujourd’hui perdu.


I. Genèse de la princesse Kaguya

Il était une fois un vieil homme que l’on appelait le Vieux Coupeur de Bambou. Il parcourait monts et champs pour récolter des bambous, avec lesquels il fabriquait toutes sortes d’objets. Son nom était Sanuki no Miyatsuko. Un jour, parmi les bambous, il en trouva un dont la base brillait d’un éclat singulier. Trouvant la chose étrange, le vieillard s’en approcha pour regarder de plus près : l’intérieur de la tige était tout lumineux. En y regardant attentivement, il vit qu’une minuscule enfant d’environ trois pouces y était assise, d’une beauté ravissante. Le vieillard dit alors : « Je vous trouve dans ce bambou que je vois matin et soir. Vous êtes donc destinée à devenir mon enfant. » Il la prit dans le creux de sa main et l’emporta chez lui. Il la confia à sa femme pour l’élever. La petite fille était d’une beauté sans pareille. Comme elle était extrêmement petite, on l’éleva en la plaçant dans une corbeille.

Depuis que le vieux coupeur de bambou avait trouvé cet enfant, il lui arriva, jour après jour, de découvrir de l’or entre les nœuds des tiges qu’il récoltait. C’est ainsi que, peu à peu, le vieillard devint riche. L’enfant, élevée par le vieux couple, grandit à vue d’œil. Au bout d’environ trois mois, elle était déjà devenue une jeune femme. On prépara alors la cérémonie de la coiffure : on releva ses cheveux et on la revêtit d’habits de femme. On ne la laissait pas sortir de derrière les rideaux ; et, tandis qu’on l’entourait des soins les plus attentifs, sa beauté devint sans pareille au monde. Sa présence était telle que l’intérieur de la demeure brillait, sans laisser le moindre recoin dans l’ombre. Même lorsque le vieillard se sentait mal ou souffrait, sa douleur s’apaisait dès qu’il regardait l’enfant ; ses colères s’évanouissaient et son cœur retrouvait la paix. Le vieillard continua longtemps à couper des bambous et devint un homme d’une immense richesse. Une fois l’enfant devenue tout à fait grande, on fit venir Mimurodo no Inbe no Akita pour lui donner un nom. Akita la nomma Princesse Kaguya des Bambous Souples. Durant trois jours, on fit la fête et l’on se réjouit au son des instruments. On jouait toutes sortes de musiques. On invita tous les hommes sans distinction, et l’on donna une fête musicale des plus magnifiques.

Tous les hommes de ce monde, qu’ils fussent de haute lignée ou de condition humble, ne cessaient de répéter : « Ah ! d’une manière ou d’une autre, je voudrais obtenir cette Princesse Kaguya ; je voudrais qu’elle devienne mon épouse. » Rien qu’à entendre les rumeurs sur sa beauté, ils imaginaient des merveilles, et leur cœur s’en trouvait troublé. Bien que même les serviteurs de la maison ne pussent l’apercevoir aisément, les prétendants restaient près de la haie ou devant la porte, renonçant au sommeil. Ils s’aventuraient dehors, même lors des nuits sans lune, pour jeter des regards çà et là ; et, espérant l’entrevoir à travers les clôtures, ils étaient emportés par un trouble fébrile. C’est à partir de ce moment-là que l’on appela la demande en mariage « errer dans la nuit ».


日本語訳

一 かぐや姫の生い立ち

今は昔、竹取の翁(おきな)と呼ばれる老人がいた。彼は山野を歩き回って竹を取り、さまざまな事に用いていた。その名を”讃岐(さぬき)のみやつこ”といった。ある日、竹の中に、根元がひときわ光り輝く一本を見つけた。不思議に思った翁が近づいてよく見ると、竹の内側が一面に明るく照らされていた。さらによく見ると、その中に三寸(9cm)くらいの小さな女の子が座っており、まことに愛らしい姿をしていた。そこで翁は言った。「朝な夕なに見慣れているこの竹の中に、こうしてお前を見つけたのだ。お前はきっと、わが子となるべき定めにあるのだろう。」翁はその子を手のひらにのせて家へ連れ帰り、妻に託して育てさせた。その娘はこの上なく美しく、あまりにも小さかったので、籠の中に入れて養い育てた。

この子を見つけて以来、翁は竹を取るたびごとに、その節と節との間から黄金を見いだすようになった。こうして次第に、翁は富める者となっていった。その子は老夫婦に育てられ、すくすくと成長した。三か月ほどのうちに、すでに一人前の若い娘となった。やがて髪上げの準備が整えられ、髪上げをさせて、女性の装束を着せた。娘は帳(とばり)を垂らした部屋からも出さず、大切に守り育てられるうちに、その美しさはこの世に並ぶものがないほどとなった。その姿の気配は、家の内をくまなく照らし、影一つ残さぬほどであった。翁が病に苦しむときも、その顔を見ればたちまち痛みは和らぎ、怒りも消えて、心は安らぎに満たされた。

翁はその後も長く竹を取り続け、ついには莫大な富を得るに至った。娘がすっかり成長すると、名付けのために御室戸斎部(むろどいなべ)の秋田(あきた)を招いた。秋田は彼女を”なよ竹のかぐや姫”と名付けた。三日のあいだ、楽を奏して祝宴が催され、人々は歓びに包まれた。さまざまな音楽が奏でられ、身分の高い者も低い者も分け隔てなく招かれて、たいそう盛大な音楽の宴が開かれた。

この世の男たちは、身分の高低を問わず、口々に言った。「どうにかして、このかぐや姫を手に入れたい。妻にしたいものだ。」その美しさの噂を聞くだけで、さまざまに思い描いては、心を乱されるのであった。たとえ家の召使いでさえ容易にはその姿を見ることができないのに、求婚者たちは垣根のそばや門の前にとどまり、眠ることも忘れていた。月の出ない夜でさえ外をさまよい歩き、あちらこちらと覗き見しながら、垣の隙間からでもその姿をひと目見ようと望み、熱に浮かされたような心持ちにとらわれていた。その時から、求婚することを「やばい」と呼ぶようになったのである。


『竹取物語』の解説

『竹取物語』と日本的心 かぐや姫は月より地球が好き

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