Kenji MIYAZAWA, Préface du Restaurant qui commande beaucoup.

Kenji MIYAZAWA (1896-1933) est un poète et conteur, profondément enraciné dans la région nordique du Japon. 

À 13 ans, il a commencé à s’intéresser à la géologie et a fait une collection de minéraux. D’autre part, il a composé des tankas, chants traditionnels en 31 syllabes (5/7/5 7/7). Ces intérêts scientifiques et littéraires marqueront les poèmes et les contes qu’il rédigera dans sa maturité.

Il s’est également intéressé aux problèmes sociaux de la paysannerie et a intégré une école supérieure d’agronomie dans l’espoir de pouvoir être utile pour la communauté agricole de sa région. 

De 1921 à 1933, il a exercé la fonction de professeur à l’école agricole. Chez lui, avec son appareil de disques noirs, rare à son époque il a aimé écouter de la musique classique, particulièrement Beethoven et Dvořák, à un tel point qu’il a su composer quelques pièces musicales. 

De son vivant, il n’a que deux publications : Printemps et Ashura(demi-dieu), recueil de poèmes que Kenji nomme des paysages-images mentales, et Le Restaurant qui commande beaucoup, recueil de 9 nouvelles mi réalistes mi fantastiques.

La préface de ce dernier recueil que je vais traduire représente bel et bien un aspect du tempérament de Kenji MIYAZAWA qui a vécu avec la Nature. 


Le Restaurant qui commande beaucoup « Préface »

Nous n’avons pas autant de sucres candis que nous voulons, mais nous pouvons manger un vent purement transparent et boire une belle lumière rose du matin.
Également, nous avons souvent vu, à travers les champs et dans les bois, des vêtements délabrés se transformer en habits des plus splendides velours ou laines, brodés de trésors. 
Nous adorons ces alimentations et ces habits. 
Toutes les histoires que je vais vous raconter sont des cadeaux que l’arc-en-ciel ou le clair de lune m’ont offerts dans les forêts, aux champs ou sur les lignes de chemin de fer.
Lorsque je passe tout seul par un soir bleu parmi les chênes ou que je grelotte de froid contre les vents de novembre dans les montagnes, il me semble que ces histoires se produisent en réalité. Je n’ai fait que fixer ce qui me paraissait vrai tel qu’il survenait.
Par conséquent, parmi ces histoires, il peut y avoir des choses utiles pour vous et des choses sans importance, mais je ne peux pas faire la distinction entre elles. Pour ce qui est des choses qui sont incompréhensibles pour vous, je ne peux pas les comprendre, moi non plus. 
Tout compte fait, je souhaite avec ardeur que quelques fragments de ces contes finissent par devenir de vraies nourritures transparentes pour vous. 

20 décembre 1923
Kenji MIYAZAWA


『注文の多い料理店』序

宮沢賢治

 わたしたちは、氷砂糖をほしいくらいもたないでも、きれいにすきとおった風をたべ、桃ももいろのうつくしい朝の日光をのむことができます。
またわたくしは、はたけや森の中で、ひどいぼろぼろのきものが、いちばんすばらしいびろうどや羅紗らしゃや、宝石いりのきものに、かわっているのをたびたび見ました。
わたくしは、そういうきれいなたべものやきものをすきです。
これらのわたくしのおはなしは、みんな林や野はらや鉄道線路やらで、虹にじや月あかりからもらってきたのです。
ほんとうに、かしわばやしの青い夕方を、ひとりで通りかかったり、十一月の山の風のなかに、ふるえながら立ったりしますと、もうどうしてもこんな気がしてしかたないのです。ほんとうにもう、どうしてもこんなことがあるようでしかたないということを、わたくしはそのとおり書いたまでです。
ですから、これらのなかには、あなたのためになるところもあるでしょうし、ただそれっきりのところもあるでしょうが、わたくしには、そのみわけがよくつきません。なんのことだか、わけのわからないところもあるでしょうが、そんなところは、わたくしにもまた、わけがわからないのです。
けれども、わたくしは、これらのちいさなものがたりの幾いくきれかが、おしまい、あなたのすきとおったほんとうのたべものになることを、どんなにねがうかわかりません。

  大正十二年十二月二十日
宮沢賢治

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