ラ・フォンテーヌ 熊と庭の愛好者 La Fontaine « L’Ours et l’amateur des jardins » 閉じこもりと触れあい

コロナウィルスのためにフランス中で外出禁止例が出され、多くの人が必要な場合以外、家から外に出ない状態(confinement)が続いている。(2020年3月27日現在。)
そんな時、ファブリス・ルキーニがネット上で、ラ・フォンテーヌの寓話「熊と庭の愛好者」L’Ours et l’amateur des jardinsを朗読したことが話題になっている。
https://www.actualitte.com/article/monde-edition/confinement-fabrice-luchini-nous-lit-les-fables-de-la-fontaine/99871

この寓話、フランス的なユーモアと皮肉がたっぷりで、実に面白い。

熊と庭の愛好者

山に住む熊、あまり躾の行きとどいていない熊が、
運命によって、孤独な森に閉じ込められ、
新たなベレロフォン(怪物を退治したが、晩年は神の怒りを買い、人間を避けて生きた英雄。)となり、孤独に、こっそり、生きていた。
彼は気が狂ってしまっていた。理性というものは、普通、
閉じ込められた人々の家には、長く留まっていないものなのだ。
話すことはいいことだ。黙っているのはもっといい。
しかし、どちらも度が過ぎると、悪いものになる。
どんな動物も、何もすることがなかった、
熊の住んでいた所では。
だから、どんな熊だったとしても、
こんな悲しい生活に退屈しただろう。
熊が憂鬱に身を任せている時、
そこから遠くないところに、老人がいて、
彼も退屈していた。
庭いじりが好きで、花の女神フローラの司祭だった。
果実の女神ポモンヌの司祭でもあった。
「二つの仕事とも素晴らしい。でも、私はそんな中でも、
優しく、控えめな友だちが欲しい。
庭は口数が多くない。本の中でなら別だけれど。」
というわけで、口をきけない植物たちと
一緒に生きるのに疲れ果て、この男は、ある朝、
友だちを探そうと思いたち、出発する。
熊も、同じ気持ちから、
山を出たところだった。
二人は、驚くべきことに、
道の曲がり角で出会う。
男は怖がる。どうやって逃げよう? どうしたらいいのだろう?
ガスコーニュ人みたいに威張ったふりをして、ここから逃げだす、
それが一番だ。彼は、怖がっていることを隠すことができた。
熊は、相手をおだてるのがとてもヘタで、
こう言った。「こっちに来いよ。」男が答える。「旦那様、
あちらに見えるのが私の家です。もしだんな様が、
我が家で田舎っぽい料理を召し上がってくださるのでしたら、
果物がございます。ミルクもございます。そんなものは、
熊の皆様が普段お食べになっているものではないでしょう。
でも、私はあるもの全てを差し上げます。」熊は同意し、男の家に行く。
二人は、到着する前に、すでにとてもいい友だちになっている。
到着すると、一緒にいるのがとても嬉しくなる。
一人でいる方が、馬鹿な奴らといるよりも、
ずっといいように思われる。でも、
熊は一日中あまり口をきかないので、
男は、うるさい思いもせず、自分の仕事をすることができた。
熊は狩りに行き、獲物を持ってきた。
熊の一番の仕事は、上手にハエを捕まえること。眠っている
友だちの顔から、羽根の生えた寄生虫を遠ざけた。
その寄生虫を、私たちはハエと呼んでいた。
ある日、老人が深い眠りについている時、
鼻の先に、一匹のハエがとまり、
熊を絶望させた。いくら追い払ってもだめだったのだ。
「お前を必ず捕まえるぞ。」と熊は言った。「こんな風にな。」
言うが早いか、実行した。いつもハエを捕っている熊は、
敷石を掴み、強い力で投げつける。
男の頭が砕け、ハエが押しつぶされる。
考えが愚かなのに劣らず、投げるのはうまい。
熊は男を、その場に硬直して横たえさせ、死なせてしまう。
無知な友だちほど危険なものはない。
賢い敵のほうが、まだいい。

L’OURS ET L’AMATEUR DES JARDINS

Certain Ours montagnard, Ours à demi léché,
Confiné par le sort dans un bois solitaire,
Nouveau Bellérophon vivait seul et caché :
Il fût devenu fou ; la raison d’ordinaire
N’habite pas longtemps chez les gens séquestrés :
Il est bon de parler, et meilleur de se taire,
Mais tous deux sont mauvais alors qu’ils sont outrés.
               Nul animal n’avait affaire
               Dans les lieux que l’Ours habitait ;
               Si bien que tout Ours qu’il était
Il vint à s’ennuyer de cette triste vie.
Pendant qu’il se livrait à la mélancolie,
               Non loin de là certain vieillard
               S’ennuyait aussi de sa part.
Il aimait les jardins, était Prêtre de Flore,
               Il l’était de Pomone encore :
Ces deux emplois sont beaux. Mais je voudrais parmi
               Quelque doux et discret ami.
Les jardins parlent peu , si ce n’est dans mon livre ;
               De façon que, lassé de vivre
Avec des gens muets notre homme un beau matin
Va chercher compagnie, et se met en campagne.
               L’Ours porté d’un même dessein
               Venait de quitter sa montagne :
               Tous deux, par un cas surprenant
               Se rencontrent en un tournant.
L’homme eut peur : mais comment esquiver ; et que faire ?
Se tirer en Gascon d’une semblable affaire
Est le mieux. Il sut donc dissimuler sa peur.
               L’Ours très mauvais complimenteur,
Lui dit : Viens-t’en me voir. L’autre reprit : Seigneur,
Vous voyez mon logis ; si vous me vouliez faire
Tant d’honneur que d’y prendre un champêtre repas,
J’ai des fruits, j’ai du lait : Ce n’est peut-être pas
De nosseigneurs les Ours le manger ordinaire ;
Mais j’offre ce que j’ai. L’Ours l’accepte ; et d’aller.
Les voilà bons amis avant que d’arriver.
Arrivés, les voilà se trouvant bien ensemble ;
               Et bien qu’on soit à ce qu’il semble
               Beaucoup mieux seul qu’avec des sots,
Comme l’Ours en un jour ne disait pas deux mots
L’Homme pouvait sans bruit vaquer à son ouvrage.
L’Ours allait à la chasse, apportait du gibier,
               Faisait son principal métier
D’être bon émoucheur, écartait du visage
De son ami dormant, ce parasite ailé,
               Que nous avons mouche appelé.
Un jour que le vieillard dormait d’un profond somme,
Sur le bout de son nez une allant se placer
Mit l’Ours au désespoir ; il eut beau la chasser.
Je t’attraperai bien, dit-il. Et voici comme.
Aussitôt fait que dit ; le fidèle émoucheur
Vous empoigne un pavé, le lance avec roideur,
Casse la tête à l’homme en écrasant la mouche,
Et non moins bon archer que mauvais raisonneur :
Roide mort étendu sur la place il le couche.
Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ;
               Mieux vaudrait un sage ennemi.

http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/oursamat.htm



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