
もうかなり前のことになるが、パリにある「Amis de Rimbaud(ランボー友の会)」から依頼されて講演を行い、フランスの文学愛好家たちに向けて、日本におけるアルチュール・ランボーの受容を紹介したことがある。
その講演の「つかみ」として、日本の大学生たちにランボーの詩の魅力をどう伝えているか、具体的なアプローチを紹介したのだが、その内容は、フランス語で詩を読む喜びを持ち続けている日本の読者にも役立つかもしれないと思い、ここで改めて紹介することにした。
Les étudiants japonais face à Rimbaud
Arthur Rimbaud n’est pas un poète facile d’accès pour les étudiants japonais. La raison en est simple : ses poèmes ne présentent guère de récits continus et ne peignent pas le monde réel de manière réaliste.
« Ma Bohème » peut, à la rigueur, sembler accessible au premier abord aux étudiants, qui se représentent assez aisément cette figure de jeune garçon flânant à travers les prés sous les étoiles.
En fait, il y a certains vers qui ne manquent pas de les déconcerter, comme ceux-ci :
j’égrenais dans ma course / Des rimes
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.
Il en est de même pour Le Dormeur du val.
Malgré ce genre d’expressions particulièrement rimbaldiennes, ces deux poèmes, apparemment plus faciles d’accès que d’autres, constituent pour les étudiants japonais une porte d’entrée idéale dans l’univers poétique de Rimbaud.
Au contraire, « Voyelles », « Le Bateau ivre », Une saison en enfer ou les Illuminations leur posent systématiquement de gros problèmes de compréhension, faute d’un fil logique évident. Ils finissent ainsi par trouver cette poésie nébuleuse et incompréhensible.
Il suffit pourtant qu’ils s’attachent simplement à la musique des mots pour que, même en première année, ils savourent la beauté des vers de notre poète.
D’abord, la structure des phrases est simple :
Elle est retrouvée. / – Quoi ? / – L’Éternité.
Difficile d’imaginer quelque chose de plus épuré, syntaxiquement et grammaticalement, de plus rapide et énergique. La vivacité des vers invite à poursuivre :
C’est la mer allée / Avec le soleil.
Mais dès l’instant où, en tant que professeur, j’interroge mes étudiants sur le sens du poème (« Qu’est-ce que l’éternité ? » ; « De quelle mer Rimbaud parle-t-il ? » ; « A-t-il réellement vu la mer ? »), tout se passe comme si la beauté musicale s’envolait en fumée, emportant avec elle la beauté poétique elle-même.
Si je me fie à mon expérience, le premier quatrain d’« Âge d’or » produit un effet similaire :
Quelqu’une des voix / Toujours angélique / – Il s’agit de moi – / Vertement s’explique.
Il n’est pas étonnant que les étudiants n’y comprennent pas grand-chose : de quoi s’agit-il exactement ? Il y a une voix, une voix angélique, et un certain « moi ». Cette voix « s’explique », mais qu’explique-t-elle ? Ils peuvent aussi être déstabilisés par l’adverbe « vertement », d’autant plus qu’ils connaissent déjà l’adjectif « vert ».
Rien n’est vraiment clair ; pourtant, musicalement, les vers sont extrêmement beaux, et mes étudiants sont instinctivement saisis par cette musique douce et harmonieuse. Je leur fais répéter ces vers à haute voix, sans trop m’attarder sur leur sens et il arrive parfois que ces sonorités leur reviennent plus tard en bouche, comme les paroles d’une chanson.
Sur la base de cette expérience musicale, je propose ensuite à mes étudiants quelques pistes d’explication. « Vertement » contient justement « vert », qui évoque naturellement le végétal ; cette association peut conduire, dans le second quatrain, au verbe « se ramifier » :
Ces mille questions / Qui se ramifient.
Puis ce rapport est confirmé par le mot « flore ».
Une fois cette sorte de ramification sémantique saisie, les étudiants les plus intéressés peuvent en suivre la trace non seulement dans ce poème, mais également à travers toute l’œuvre rimbaldienne.
Dans le poème « Adieu », il est question du soleil qui décline à l’approche de l’automne :
L’automne déjà ! – Mais pourquoi regretter un éternel soleil.
Les phrases sont simples et limpides. Mes étudiants aiment prononcer « L’automne déjà », non pour améliorer leur français, mais pour le plaisir de sentir sur leurs lèvres quelque chose comme la beauté même de la poésie.
S’ils cherchent une logique dans Adieu, ils risquent de s’y perdre ; mais dans la mesure où ils acceptent de s’en tenir à des fragments, ils trouvent toujours des passages qui leur plaisent :
À quatre heures du matin, l’été / Le sommeil d’amour dure encore .
J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d’or d’étoile à étoile, et je danse !
Quelle simplicité, quelle beauté ! Vers ou prose, peu importe : en scandant ces phrases, ces vers, ces mots, l’envie nous prend de danser nous aussi.
Dans cette perspective, on peut dire que le charme de la poésie de Rimbaud tient d’abord davantage à la musicalité des fragments qu’à la logique des poèmes pris dans leur ensemble.
Souvent, ces courts passages se construisent avec simplicité, et la répétition ou l’énumération rapide conduit à une forme d’exaltation lyrique.
Ainsi, certains étudiants découvrent l’œuvre de Rimbaud en s’en tenant à quelques poèmes qui leur plaisent, sans recourir aucunement à la traduction japonaise.
Ajoutons enfin que cette observation du rapport qu’entretiennent mes étudiants avec l’écriture de Rimbaud donne raison à Paul Verlaine qui, dans Les Poètes maudits, écrivait : « La langue est nette et reste claire quand l’idée se fonce ou que le sens s’obscurcit. »
この後、小林秀雄と中原中也によるランボー受容について紹介し、第3部では、現代フランスを代表する詩人イヴ・ボヌフォワ(Yves Bonnefoy)の詩論に基づきながら、松尾芭蕉の俳句を通してランボーの詩句を読み解く試みを行い、2時間近い講演を締めくくった。
講演会に参加していたのはランボー愛好者の方々だったので、日本人の学生たちがどのようにランボーと接しているのかという導入部を興味深く受け止めてくださったようであり、その後の内容にも大きな関心をもって耳を傾けてくださったことが、今でも記憶に残っている。
日本語訳
ランボーを前にした日本の学生たち
アルチュール・ランボーは、日本の学生にとって決して親しみやすい詩人ではありません。その理由は明快です。彼の詩には一貫したストーリーがなく、現実の世界をリアルに描いているわけでもないからです。
「わが放浪」は、野原を星空の下でぶらつく少年の姿を比較的イメージしやすいためか、一見とっつきやすい詩に見えます。
しかし実際には、次のような詩句に出くわすと、学生たちはたちまち戸惑いを覚えます。
j’égrenais dans ma course / Des rimes
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.
「谷間に眠る者」についても同様です。
こうしたいかにもランボーらしい表現がありながらも、この二つの詩は、他の作品に比べてまだ入りやすいということもあり、日本の学生がランボーの詩の世界へ踏み込むための、いわば「入り口」として最適だと言えるでしょう。
一方、「母音」「酔いどれ船」、そして『地獄の季節』や『イリュミナシオン』といった作品は、論理的な筋道が見えにくいため、理解に大きな壁があります。結果として学生たちは、これらの詩を「難解でよくわからない」と感じてしまいがちです。
ところが、意味よりも言葉の音楽性に耳を傾けるだけで、たとえ一年生であっても、ランボーの詩句の美しさを味わえるようになるのです。
まず、文の構造そのものはシンプルです。
Elle est retrouvée. / – Quoi ? / – L’Éternité.
これ以上削ぎ落とせないほど純粋で、構文的にも文法的にも、これほどスピード感があり、力強い表現はないでしょう。詩句の躍動感が、読み手を次へと引き寄せます。
C’est la mer allée / Avec le soleil.
ところが、私が教師として「この詩はどういう意味ですか」「永遠とは何ですか」「ランボーはどの海について語っているのですか」「彼は実際に海を見たことがあったのですか」と問いかけた途端、あれほど感じられた音楽の美しさが、詩そのものの美しさもろとも、煙のように消え去ってしまうのです。
私の経験では、「黄金時代」の第一連も同じような効果をもたらします。
Quelqu’une des voix / Toujours angélique / – Il s’agit de moi – / Vertement s’explique.
学生たちが意味をつかめないのも無理はありません。ある声、天使のような声、そして「私」という存在――その声が「説明する」のですが、いったい何を?さらに「vertement(きっぱりと)」という副詞も戸惑いを招きます。彼らはすでに形容詞の「vert(緑)」を知っているだけに、なおさらです。
意味としては謎めいていますが、音楽的には非常に美しい詩句で、学生たちはその柔らかく調和のとれた響きに本能的に引き込まれます。私は意味をあまり深追いせず、声に出して繰り返し読ませるようにしています。すると時として、その音の響きがふとした瞬間に口をついて出てくることがある――まるで好きな歌の歌詞のように。
こうした音楽的な体験を土台として、私は学生たちにいくつかの解釈の手がかりを示すようにしています。「vertement」の中には「vert(緑)」があり、それは自然や植物を連想させます。すると第二連に出てくる「se ramifier(枝分かれする)」という動詞との連想が生まれてきます。
Ces mille questions / Qui se ramifient.
さらに「flore(植物)」という語がその連想を確かなものにします。こうした意味の連鎖、いわば「枝分かれ」をつかんだ学生は、その糸をこの詩の中だけでなく、ランボーの作品全体に渡って追いかけていけるようになります。
「訣別」という詩では、秋の訪れとともに傾く太陽が歌われています。
L’automne déjà ! – Mais pourquoi regretter un éternel soleil.
文は簡潔で、澄み切っています。「L’automne déjà」と口にするとき、学生たちはフランス語の練習のためではなく、詩の美しさそのものを唇で感じる喜びのために、その言葉を発しているのです。
「訣別」に論理を求めると迷子になりかねません。しかし断片として向き合うとき、必ずどこかに心に響く一節が見つかります。
À quatre heures du matin, l’été / Le sommeil d’amour dure encore.
J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d’or d’étoile à étoile, et je danse !
なんという簡潔さ、なんという美しさでしょう。詩であれ散文であれ、これらのフレーズを声に出して読むとき、私たちもまた一緒に踊りたくなってしまいます。
こうした観点から言えば、ランボーの詩の魅力とは、詩全体の論理よりも、まず断片の音楽性にあると言えるのではないでしょうか。
多くの場合、これらの短い一節はシンプルに構成されており、繰り返しや畳みかけるような列挙が、ある種の詩的陶酔へと読み手を導いてくれます。
こうして一部の学生たちは、日本語訳に頼ることなく、自分が好きな詩と出会うことでランボーの世界を発見していくのです。
最後に、学生たちとランボーの言葉との関わりを観察してきた私の経験は、ポール・ヴェルレーヌが『呪われた詩人たち』の中でこう記したことの正しさを、改めて証明してくれているように思います。
「思想が深まり、意味が暗くなるとき、言語は明晰であり、透明であり続ける。」