ラ・フォンテーヌにとって、イソップの寓話「老人と死神」の物語とほぼ同じ展開を持つ「死と木こり(La Mort et le bûcheron)」は「イソップの寓話(fable d’Esope)」だが、「死と不幸な男(La Mort et le malheureux)」は「私の寓話(ma fable)」だという。 そして、「私の寓話」の価値は、教訓の中で引用されているマエケナスの言葉にあり、それは美しく、主題にふさわしいもの(à propos)だと付け加える。
Un malheureux appelait tous les jours La Mort à son secours; « Ô Mort, lui disait-il, que tu me sembles belle ! Viens vite, viens finir ma fortune cruelle. » La Mort crut en venant, l’obliger en effet. Elle frappe à sa porte, elle entre, elle se montre. « Que vois-je ! cria-t-il, ôtez-moi cet objet ; Qu’il est hideux ! que sa rencontre Me cause d’horreur et d’effroi ! N’approche pas, ô Mort ; ô Mort, retire-toi. »
「死と木こり」(La Mort et le Bûcheron)は、題名も含め、イソップの「老人と死神」を土台としていることがはっきりとわかる語り方をされている。
Un pauvre bûcheron, tout couvert de ramée, Sous le faix du fagot aussi bien que des ans Gémissant et courbé, marchait à pas pesants, Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée. Enfin, n’en pouvant plus d’effort et de douleur, Il met bas son fagot, il songe à son malheur. Quel plaisir a-t-il eu depuis qu’il est au monde ? En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?
Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare Ils ont foi dans leur étoile comme les rois-mages Ils espèrent gagner de l’argent dans l’Argentine Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune Une famille transporte un édredon rouge comme vous transportez votre cœur Cet édredon et nos rêves sont aussi irréels Quelques-uns de ces émigrants restent ici et se logent Rue des Rosiers ou rue des Écouffes dans des bouges Je les ai vus souvent le soir ils prennent l’air dans la rue Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs Il y a surtout des Juifs leurs femmes portent perruque Elles restent assises exsangues au fond des boutiques (v. 121-134)
Maintenant tu es au bord de la Méditerranée Sous les citronniers qui sont en fleur toute l’année Avec tes amis tu te promènes en barque L’un est Nissard il y a un Mentonasque et deux Turbiasques Nous regardons avec effroi les poulpes des profondeurs Et parmi les algues nagent les poissons images du Sauveur (v. 89-94)
Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule Des troupeaux d’autobus mugissants près de toi roulent L’angoisse de l’amour te serre le gosier Comme si tu ne devais jamais plus être aimé Si tu vivais dans l’ancien temps tu entrerais dans un monastère Vous avez honte quand vous vous surprenez à dire une prière Tu te moques de toi et comme le feu de l’Enfer ton rire pétille Les étincelles de ton rire dorent le fond de ta vie C’est un tableau pendu dans un sombre musée Et quelquefois tu vas le regarder de près ( v. 71-80)
Pupille Christ de l’œil Vingtième pupille des siècles il sait y faire Et changé en oiseau ce siècle comme Jésus monte dans l’air Les diables dans les abîmes lèvent la tête pour le regarder Ils disent qu’il imite Simon Mage en Judée Ils crient s’il sait voler qu’on l’appelle voleur Les anges voltigent autour du joli voltigeur Icare Enoch Elie Apollonius de Thyane Flottent autour du premier aéroplane Ils s’écartent parfois pour laisser passer ceux que transporte la Sainte-Eucharistie Ces prêtre qui montent éternellement élevant l’hostie. (v. 42-52)
Voilà la jeune rue et tu n’es encore qu’un petit enfant Ta mère ne t’habille que de bleu et de blanc Tu es très pieux et avec le plus ancien de tes camarades René Dalize Vous n’aimez rien tant que les pompes de l’Église Il est neuf heures le gaz est baissé tout bleu vous sortez du dortoir en cachette Vous priez toute la nuit dans la chapelle du collège Tandis qu’éternelle et adorable profondeur améthyste Tourne à jamais la flamboyante gloire du Christ. (v. 25-32)