Le Kojiki Izanagi et Izanami  1/2 『古事記』 イザナギとイザナミ 

En passant de la narration du Premier Commencement du Ciel et de la Terre à celle du couple jumeau masculin et féminin, Izanagi et Izanami, le genre de la genèse subit un changement significatif ; les deux divinités donnent naissance à de nombreux enfants, d’abord sous la forme d’îles, puis de divinités.

Leur première tentative d’enfantement, consistant à abaisser une lance dans l’eau salée pour consolider la terre flottante peut être considérée comme un épisode intermédiaire entre le type du Devenir et celui de l’Enfantement.

Ensuite, les paroles échangées entre Izanagi et Izanami soulignent la différence de forme des corps masculin et féminin, mettant en valeur l’acte sexuel en vue de la procréation.

Pourtant, la naissance de la divinité du Feu ne provoque pas seulement le décès de sa mère, Izanami, mais surtout un genre de genèse ambigu ; diverses divinités naissent de matières émanant de leurs parents fondateurs, ainsi que des excréments d’Izanami, des larmes d’izanagi, etc.
On pourrait penser que la genèse, liée au concept de ‘Devenir’ revient à nouveau, tout en demeurant attribuée au couple jumeau en tant que parents.

Voici la traduction littérale que je propose du récit mythique d’Izanagi et Izanami dans le Kojiki.

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Le Kojiki Premier Commencement du Ciel et de la Terre 『古事記』 天地初発之時 

Le Koji-ki (古事記, Rapports des faits anciens, 712), écrit en japonais, nous permet de mieux éclaircir les fondements de la mentalité et de la vision du monde des Japonais, par rapport au Nihon-shoki (日本書紀、Annales du Japon, 720), rédigé en chinois.

Lisons d’abord comment le Kojiki raconte la genèse du monde divin. Voici la traduction littérale :

Lorsque le Ciel et la Terre se séparèrent pour la première fois, celui qui devint dieu dans les Plaines Célestes (Takama no Hara) fut le Dieu Maître du Centre du Ciel (Ame-no-Minakanushi-no-Kami) , puis le Dieu Sublime de la Force génératrice (Taka-mi-Musubi-no-Kami), puis le Dieu de la Force génératrice Divine (Kami-Musubi-no-Kami). Ces trois divinités surgirent chacune seules (en tant que dieux solitaires) et aussitôt, elles disparurent de la vue. (Kojiki)

Ici, nous assistons à la genèse des trois divinités, qui apparaissent spontanément sans intervention d’aucun Créateur. Il n’y a aucune force extérieure qui exécute l’acte de création, et ce trait caractérise fortement la nature de la genèse japonaise et la distingue radicalement de la Création du monde, telle qu’elle est narrée, par exemple, au début de la Bible :

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et toute nue, les ténèbres couvraient la face de l’abîme : et l’Esprit de Dieu était porté sur les eaux.
Or, Dieu dit : Que la lumière soit faite ; et la lumière fut faite. Dieu vit que la lumière était bonne, et il sépara la lumière d’avec les ténèbres. (Genèse)

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Chuya Nakahara « Voici venir les temps…. » Un héritage de Baudelaire

« Voici venir les temps…» de Chuya Nakaraha est un sonnet qui se montre à l’évidence comme un héritage de « Harmonie du soir » de Charles Baudelaire, dont voici les deux premiers vers :

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir :

Pourr afficher sa dette et sa lignée poétiques, Nakahara cite pour épigraphe une sorte de traduction de ces vers, accompagnée du nom du poète français, :

Voici venir les temps où chaque fleur se parfume dans un encensoir
Baudelaire

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Chants japonais de l’automne 秋を歌う和歌

Les Japonais sont particulièrement sensibles à la beauté de l’automne. La Preuve en est qu’il y tant de wakas (chants japonais) qui chantent cette saison aussi belle que langoureuse.

Voici quelques wakas de l’automne.

Le printemps ne connaît que la pleine floraison, l’automne est meilleur quant à la tristesse des choses (monono-awaré). (auteur inconnu)

春はただ 花のひとへに 咲くばかり、もののあはれは 秋ぞまされる (詠み人知らず)

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Chûya Nakahara « Os »

De « Os », Kobayashi Hidéo, meilleur et pire ami de Chûya Nahahara, a fait un éloge et a affirmé que ce poème se compose uniquement de paroles de chant, dépouillé des artifices de la poésie moderne : combinaison compliquée d’images mentales, adjectifs de haute couleur, habile utilisation de mots particuliers et sensitifs, efforts pour saisir l’insaisissable, etc.

Ailleurs, Kobayashi disait que c’était un poème de la jeunesse, et non pas celui de l’enfance. 

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Kenji MIYAZAWA, Préface du Restaurant qui commande beaucoup.

Kenji MIYAZAWA (1896-1933) est un poète et conteur, profondément enraciné dans la région nordique du Japon. 

À 13 ans, il a commencé à s’intéresser à la géologie et a fait une collection de minéraux. D’autre part, il a composé des tankas, chants traditionnels en 31 syllabes (5/7/5 7/7). Ces intérêts scientifiques et littéraires marqueront les poèmes et les contes qu’il rédigera dans sa maturité.

Il s’est également intéressé aux problèmes sociaux de la paysannerie et a intégré une école supérieure d’agronomie dans l’espoir de pouvoir être utile pour la communauté agricole de sa région. 

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Chūya Nakahara « Romance sans paroles » – C’est l’extase sensitive

Le titre de ce petit poème, « Romance sans paroles » vient sans aucun doute de celui du recueil de Paul Verlaine, Romances sans parles. Celui-ci se calque de son côté sur « Lieder ohne Worte (songs without words) » de Mendelssohn.

Chūya, tout en reconnaissant sa dette poétique envers Verlaine, chante un poème de Ça sur la trace de « C’est l’extase langoureuse », premier vers de « Ariettes oubliées I ».
https://bohemegalante.com/2019/07/10/verlaine-ariettes-oubliees-i/

Romance sans paroles

Ça se trouve au loin
Je dois attendre ici
Ici l’air est rare et pâle
Clair et faible comme racine de ciboule

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Chūya Nakahara « La Voix de la Vie »

Chūya Nakahara (1907-1937) est un poète lyrique, parfois qualifié de « Rimbaud japonais », pour ses traductions des poèmes en vers du poète français aussi bien que pour ses propres poèmes de tendance symboliste. 

Dans son enfance, il a su composer des tankas, chansons traditionnelles en 31 syllabes (5/7/5 7/7), dont certaines ont été publiées dans un journal local. 

En 1923, il a connu le mouvement du dadaïsme, et a entamé quelques poèmes de cette tendance à tel point qu’on l’appelait « dada-san »(Monsieur Dada). Puis, la lecture de Baudelaire, Verlaine et Rimbaud l’ont orienté vers un symbolisme, présenté par Arthur Simons dans Le Mouvement du symbolisme dans la littérature.

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Motojiro KAJII, Sous les fleurs de cerisiers

Motojiro KAJII est un écrivain appartenant à une veine hybride, entre naturalisme et expressionnisme symboliste. Né à Osaka en 1901, il a d’abord étudié dans le domaine scientifique, mais s’en est éloigné pour se consacrer entièrement à la littérature, influencé par ses lectures de Soseki Natsume, Jun’ichiro Tanizaki et d’autres auteurs.

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